Histoire Officielle des Ovnis en Ex-URSS

Histoire Officielle des Ovnis en Ex-URSS

Tout comme leurs collègues occidentaux, les Russes ont eu autorité en la personne du Dr Félix Zigel, professeur de mathématiques supérieures et d’astronomie à l’Institut d’aéronautique de Moscou. Il a tenté dans le passé de constituer une organisation mondiale de recherches sur l’Ufologie et nous savons qu’il a de tout temps existé en Russie de nombreux sympathisants, avec une grande culture scientifique et en accord avec Zigel. Bien que l’ufologie ne soit pas totalement tabou dans ce pays, les gens qui s’y intéressent doivent le faire avec beaucoup de prudence. L’influence des scientifiques anti UFO y est beaucoup plus grande qu’aux USA et leurs attaques sont beaucoup plus virulentes. Déjà, le concepteur des fusées en Union soviétique Sergueï Korolev aurait eu connaissance des rapports ovnis russes. Il semble que Staline l’ait convoqué en 1947 auprès d’un responsable gouvernemental. Indiquant une pile de documents secrets, celui-ci demanda à Korolev de les analyser en l’espace de trois jours.

L’objectif était de vérifier si ces rapports d’observations d’objets mystérieux représentaient un intérêt ou un danger pour la sureté de l’État. L’analyse des documents se passa au Kremlin, dans une salle dédiée au sujet. Korolev apporta, à l’issu des 3 jours ses conclusions à Staline directement : » Les objets volants non identifiés ne sont pas une arme de l’ennemi potentiel et ne présentent pas de danger pour la sûreté publique, mais le phénomène existe «.

Durant les années 50, Korolev continua à se pencher sur le sujet ovni.

Dans les années 60, le journal La Pravda écrivait que » tous les objets volants qui survolent notre pays sont tôt ou tard identifiés, soit par nos savants, soit par ceux qui sont chargés de la sécurité de notre pays «.

En 1967-1968, les Izvestia, la Komsomolokaia Pravda et quelques journaux locaux comme la Sovetskaia Latvia ont fait état d’observations d’OVNI.

Durant ces mêmes années, des articles signés d’auteurs russes et américains parurent dans plusieurs publications hebdomadaires et mensuelles telles Smena, Ogoniok, Tekhnika Molodioji, et Vogroug Svieta.
Mais c’est un article maintenant historique de Zigel en date de décembre 1967 de la revue Spoutnik, article suivi d’une interview de lui dans le New Tork Times, qui a révélé que les soucoupes volantes étaient observées en URSS et que le fait y était reconnu comme officiellement » important «.

Les éditions scientifiques Naouka ont publié en 1967 un livre important dans lequel un certain nombre d’auteurs débattaient des possibilités de vie extra-terrestre et de l’existence d’Intelligence extra-terrestre : Zigel y a écrit un chapitre sur les OVNIS. Ce livre intitulé » Le Cosmos habité » a été publié sous la direction de P. Konstantinov, vice-président de l’Académie des sciences.

Le silence de l’URSS à propos du problème OVNI jusqu’aux années 60 a plusieurs raisons. D’abord les autorités soviétiques, juste après la Seconde Guerre mondiale, durant la période dite de guerre froide, ont pensé que les rapports d’Ovni à l’étranger comme chez eux étaient en fait une ruse de guerre psychologique : ces relations de faits » mystérieux » et quelque peu hystériques pouvaient fort bien avoir pour objet final de créer une agitation et entretenir une sorte de crainte parmi les foules. Une autre raison, prolongement de la première, fut que les autorités soviétiques, tout comme celles de l’Ouest d’ailleurs, ne savaient évidemment quoi faire pour minimiser les témoignages ou même, carrément les faire taire.
C’est pour ces raisons que le livre du Dr Donald H. Menzel, publié aux USA en 1953, ne fut diffusé dans une traduction russe qu’en 1962. Ce livre qui fut attaqué en occident fut considéré comme beaucoup plus sérieux qu’il ne l’est dans son propre pays.

Au cours des années 60, les savants reprirent l’échange d’informations entre Est et Ouest.
Les autorités soviétiques s’aperçurent que le phénomène OVNI était aussi gros d’un côté que de l’autre. A leur grande surprise, ils découvrirent qu’un certain nombre de savants de l’ouest, pas tellement élevé peut-être, mais tout de même notable, non seulement prenait ce problème au sérieux, mais se mettait aussi à l’étudier.

Deux congrès internationaux se tinrent à Moscou : le premier en 1965, sur les télécommunications, au cours duquel le mystère des trois satellites non identifiés qui tournent autour de la terre fut abordé. Le second, l’année suivante, a été celui de l’union mondiale des mathématiques : au cours des débats de Jacques Vallée, le spécialiste franco-américain des ordinateurs, fit une conférence sur les Ovnis qui encouragea Zigel et quelques autres à prendre publiquement position sur ce problème.

L’activité Ovni sur la Pologne, la Chine, la Tchécoslovaquie et l’URSS augmenta fortement en 1966. L’organe de l’Armée tchèque » Le Périscope » et l’agence » Tass » annoncèrent au monde, en date du 12 avril 1967, que le radio-astronome Cholomitsky avait détecté la présence d’une radio-source située dans la constellation Pégase : ses signaux semblaient dénoter une volonté intelligente.
Cela provoqua, le 18 octobre 1967, une réunion d’importance capitale pour l’histoire de l’Ufologie soviétique : un comité de cosmonautes fut organisé, qui se tint en présence de 400 personnes. Le bureau en était ainsi constitué : le président, le major-général Porfiri A. Stoliarov, le vice-président, le Dr Félix Zigel et l’écrivain Alexandre Kazantsev, le secrétaire, l’ingénieur Arkadi Tikhonov.

Le 10 novembre 1967, le président et le premier vice-président furent présentés au public soviétique par la télévision. Le professeur Zigel y montra des dessins de l’OVNI observé dans le Caucase en 1967 et des photos d’objets volants d’origine inconnue. Le général Stoliarov insista sur le fait que ses collègues et lui, baptisés pour la circonstance » Comité Stoliarov » avait pour tâche d’exposer les interprétations pseudo-scientifiques faites des phénomènes d’origine étrange et inexplicable. Il lança un appel à toutes les personnes intéressées afin d’aller de l’avant et contribuer à une recherche scientifique et systématique du problème OVNI.

Cet appel suscita une réponse très enthousiaste du monde entier et tous les journaux annoncèrent la création d’une organisation soviétique » officielle » consacrée à la question OVNI.

Un long article de Henry Kamm fut consacré à ce sujet dans le New York Times du 10 décembre 1967 et Walter Sullivan souligna dans le même journal les similitudes entre le Comité Stoliarov et l’équipe Condon qui fonctionnait encore à ce moment-là.
Walter Sullivan commit là une erreur : il était tout à fait ignorant de la position officielle soviétique sur les OVNIS.

L’Académie des Sciences prit peur de ce nouveau rebondissement vers le sensationnel. Le Comité Stoliarov, affirma-t-elle, avait été présenté faussement par la presse occidentale comme une organisation officiellement soutenue par le gouvernement comme l’était aux USA le Comité Condon.
Le Comité Stoliarov ne devait représentait finalement qu’une association privée d’hommes de science soviétiques qui consacraient leur temps libre à ce problème.
Mais comme toute association en Union soviétique, celle-ci avait besoin de la bénédiction du gouvernement. Elle l’obtint certainement puisque les membres du plus haut niveau de l’exécutif politique étaient convaincus de la nature sérieuse de ce problème. Tout comme c’était le cas aux USA.

Le bureau de Physique générale et d’Astrophysique, une des sections de l’Académie des sciences, tint une réunion au cours de laquelle le Dr L.A. Artsimovitch, le Menzel russe, attaque de manière virulente tous les partisans des OVNIS. Il invoqua l’honneur des savants russes qui se ridiculisaient aux yeux de leurs collègues occidentaux.

Avant même que l’académie se soit prononcée sur cette affaire, Vladimir Lechkoutsov, secrétaire du Comité national des Physiciens soviétiques, avait accordé une interview à un journal canadien dans laquelle il niait l’existence en URSS de quelque organisation que ce soit consacré à la solution du problème OVNI. Ce qui poussa le Comité Stoliarov à suspendre ses activités.

Le 27 février 1968, la Pravda publia de manière détaillée la position officielle. Elle était signée par E. Moustel, président du Conseil astronomique de l’Académie des Sciences, D. Martinov préside de la Société d’Astronomie et de Géodésie, et Lechkoutsov. Aucun objet, affirmait-elle, n’avait été vu au-dessus du territoire de l’Union soviétique, qui n’ait été expliqué. Les gens qui prétendaient avoir vu de telles choses étaient des menteurs ou manquaient simplement d’entraînement scientifique. Il s’agissait de tous les préjugés auxquels le docteur Hynek avait déjà répondu dans un article paru dans » Sciences » en octobre 1966 et qui se trouvaient exposés une fois de plus.

Les patrons soviétiques ne manquaient évidemment pas de se référer au livre de Menzel et ils lui demandèrent même d’exposer ses idées une nouvelle fois dans les journaux russes. Ce qu’il fit aussitôt dans le numéro de janvier 1968 de » Vokroug Svieta «. Il exposa sa thèse bien connue selon laquelle l’univers contient d’autres vies intelligentes, loin de la nôtre, mais que les Ovnis n’ont rien à voir avec ces civilisations lointaines.

Finalement, à la fin de 1968, les autorités scientifiques mirent un terme à toute recherche ufologique et quand les commentaires concernant les travaux du Comité Condon devinrent ténébreux et que de plus en plus d’absurdités furent dites et publiées sur ce sujet par les UFOmaniaques avec ou sans entraînement scientifique, toute cette affaire sombra dans le ridicule.

Tout gouvernement est fondé à adopter la même attitude envers un problème mystérieux et complexe où le verdict des spécialistes est indispensable : dans ce cas celui des physiciens et des astronomes. Les savants en vue en URSS ont la même attitude que leurs collègues américains : ils n’étudient pas les faits parce qu’ils sont absurdes et que des faits absurdes n’ont pas besoin d’être étudiés. Même s’ils sont convaincus de l’existence des Ovnis, ils ne considèrent pas cela comme un sujet digne de leur attention. Les OVNIS les rendent timides et leur font perdre leur assurance.
Ce sujet a suscité déjà tellement de commentaires tout en étant étouffé dans une atmosphère de secret et de mysticisme de la part des amateurs, qu’il leur parait » non scientifique «.

Les savants soviétiques préfèrent attendre et voir ce qu’il en adviendra aux États-Unis.

Les milieux soviétiques même scientifiques évoquaient tout de même la possibilité d’une Intelligence extra-terrestre, avec une ferveur nettement plus grande qu’à l’ouest.

A noter qu’en 1979, l’Institut d’Étude cosmique, Département de Physique générale et d’Astronomie du Présidium de l’Académie des Sciences d’URSS émis un avis: » À partir des données que l’on a il n’est pas possible d’avoir une conclusion sur la nature des phénomènes observés. Peut-être certains d’entre eux peuvent être appelés effets d’optique atmosphérique. Cependant, dans la grande majorité des cas ils sont apparemment de toute autre nature. Ceci se voit en particulier dans un grand pourcentage d’observations indépendantes faites simultanément en différents points distants de centaines de km. Apparemment la question de la nature des phénomènes anormaux reste jusqu’à présent ouverte. »

Principale Source :
«Les Ovnis en URSS et dans les pays de l’Est», édition Robert Laffont, 1976, Ion Hobana et Julien Weverbergh

Source: ovnis-direct.com

En savoir plus sur Vincent Deroy

Depuis août 2012, je fouille sur le web à la recherche des cas paranormaux les plus étranges pour le site www.paranormalqc.com dont je suis le Rédacteur en chef. Handicapé de naissance, j'ai aussi été secrétaire-trésorier du musée de mon village pendant 6 ans et demi.

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