Télescope spatial James Webb : Enfin aux confins de l’univers et au-delà

Télescope spatial James Webb : Enfin aux confins de l’univers et au-delà

Lancé en 2021, le jour de Noël, le télescope spatial James Webb est l’observatoire spatial le plus complexe, le plus précis et le plus puissant jamais construit.

La résolution et la sophistication inégalées du télescope sont dues en grande partie aux nombreux dispositifs de pointe qu’il contient, notamment une caméra de guidage et un instrument scientifique mis au point par des chercheurs de l’Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx) de l’Université de Montréal.

Ces mêmes scientifiques, sous la direction de René Doyon, professeur au Département de physique de l’UdeM, peuvent maintenant voir le fruit de leurs efforts et de leur expertise, puisque les premières données captées par le télescope ont été rendues publiques.

La première photo prise par James Webb a été rendue publique par le président américain Joe Biden le 11 juillet 2022 et est d’une couleur et d’une clarté sans précédent. Il s’agit de l’image infrarouge la plus profonde et la plus nette jamais prise de l’univers lointain : Un amas de galaxies s’est formé il y a plus de 13 milliards d’années.

Quatre autres images ont ensuite été dévoilées en direct le 12 juillet depuis le Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland. Ces images montrent les nébuleuses de la Carène et de l’Anneau Sud avec une netteté inégalée, ainsi que le Quintette de Stephan, un groupe visuel de cinq galaxies.

La toute première spectroscopie de James Webb de l’exoplanète WASP-96 b, située à 1 000 années-lumière de la Terre, a également été rendue publique. En utilisant cette technique pour déterminer la composition chimique d’un objet lointain, le télescope a capturé la signature distincte de l’eau, ainsi que des preuves de la présence de nuages et de brume.

Nathalie Ouellette, astrophysicienne, coordinatrice de l’iREx et chargée de communication pour le télescope James Webb, nous en dit plus sur ces images remarquables.

Les images ont révélé des nuages de gaz et de poussières expulsés par des étoiles mourantes, des interactions galactiques et des zones de naissance stellaire jusqu’alors inconnues. Quelles sont, selon vous, les découvertes les plus significatives ?

Tout d’abord, comme le grand public, j’ai été frappé par la beauté des images : elles sont si exquises ! Ensuite, il est difficile de dire quelle est mon image préférée, je suppose que c’est comme choisir son enfant préféré.

Le spectre de l’exoplanète est mon préféré, parce que c’est un instrument canadien qui l’a réalisé et parce qu’il a prouvé la présence d’eau et de nuages, ce qui nous a permis de rectifier des découvertes qui avaient été basées sur des données moins précises et moins sensibles. En général, lorsqu’on étudie des exoplanètes, les données ne sont pas toujours alignées ; ce n’est pas le cas de James Webb, dont les données se sont avérées nettes et précises et ont révélé des choses incroyables.

Par ailleurs, mes recherches étant axées sur la formation et l’évolution des galaxies, j’ai trouvé l’image du quintette de Stephan spectaculaire, car elle donne un nouvel aperçu de la manière dont les interactions galactiques ont pu conduire l’évolution des galaxies au début de l’univers.

Ces images sont donc vraiment sans précédent pour l’œil humain ?

Oui, car elles montrent de la lumière que l’œil humain ne peut pas voir. Le télescope Hubble observait principalement la lumière visible, alors que le télescope James Webb observe l’infrarouge, ce qui nous permet de détecter différents phénomènes.

Par exemple, les nébuleuses sont des objets quelque peu mystérieux parce qu’elles sont très poussiéreuses ; il y a beaucoup de gaz qui bloquent la lumière visible. Cependant, grâce à l’infrarouge, nous pouvons pénétrer la poussière et obtenir des images comme celles des nébuleuses de l’Anneau Sud et de la Carène.

Les photos sont-elles le résultat d’une quelconque manipulation ?

Oui, et l’équipe qui a produit les images pour le dévoilement est étonnante. N’oubliez pas qu’il n’est pas facile de rendre visible une lumière invisible. Il a fallu le travail d’artistes et de scientifiques qui ont réussi à traduire l’infrarouge en couleurs que nous pouvons voir. Et les couleurs ne sont pas choisies au hasard : elles servent à mettre en valeur certains aspects scientifiques et artistiques des objets.

Que pourront faire les astrophysiciens avec les photos dévoilées aujourd’hui ?

Il y a encore beaucoup d’analyses à faire. Les images ont été prises en quelques jours, voire quelques semaines. On ne parle même pas de mois !

C’est comme ouvrir une boîte pleine de bijoux. Nous voulons tout regarder, individuellement, avec attention. Il y a beaucoup à découvrir dans les images. C’est comme s’il y avait une galaxie cachée dans chaque pixel. Les découvertes semblent infinies.

Les opérations scientifiques du télescope viennent également de commencer. Des scientifiques et des astronomes du monde entier commencent à prendre possession du télescope pour leurs propres projets.

Qu’est-ce qui vous attend à l’iREx, avec Webb ?

L’un des premiers et des plus passionnants programmes à réaliser avec James Webb est l’observation des planètes du système TRAPPIST-1. Il s’agit du plus important programme canadien pour la première année, et il est dirigé par Olivia Lim, étudiante en doctorat à l’Université de Montréal. Comme pour l’exoplanète présentée aujourd’hui, Olivia étudiera l’atmosphère de ces exoplanètes, qui sont rocheuses et pourraient donc ressembler à la Terre. Nous sommes à la recherche d’un jumeau de la Terre et nous le trouverons peut-être dans le système TRAPPIST-1.

Sources: Le nouvel ordre mondial, Phys.org, Traduction: Astro Univers

En savoir plus sur Vincent Deroy

Depuis août 2012, je fouille sur le web à la recherche des cas paranormaux les plus étranges pour le site www.paranormalqc.com dont je suis le Rédacteur en chef. Handicapé de naissance, j'ai aussi été secrétaire-trésorier du musée de mon village pendant 6 ans et demi.

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