La messe noire

Image tirée du film: Les vierges de Satan

Avertissement : Le texte qui suit est à titre informatif et pour le divertissement. Il ne reflète en rien l’opinion de la Rédaction.

Au début de la Renaissance, une nouvelle cérémonie s’instaura : la messe noire.

Elle débutait par la confession publique et, naturellement, chacun se vantait des péchés et des crimes les plus abominables.

Satan ou son Suppôt faisait ensuite une parodie sacrilège de la messe normale, prononçait un sermon pour inciter les assistants au vice et au mal, ridiculisait en geste ignoble la consécration, donnait en guise de communion, on ne sait trop quels mets ou breuvages fantastiques, et le tout se terminait par une orgie générale.

La messe noire se développa les siècles suivants.

Le roi Louis XIV dut intervenir pour punir sévèrement les organisateurs et les prêtres renégats qui célébraient de telles messes jusqu’au palais de Versailles. Mme de Montespan fut elle-même convaincue d’y avoir pris part dans le but de se conserver son royal amant.

Encore sous le Second Empire, la Paiva, illustre courtisane, faisait célébrer une messe noire sur son ventre chaque semaine.

Le sacrifice de la messe est un rite par lequel le prêtre force Dieu à descendre sur la terre. Ce qui différencie la messe noire de la messe ordinaire, c’est que dans celle-ci on se contente du simulacre de la présence divine dans l’hostie tandis que dans l’autre, la présence de Dieu doit être réelle, ce qui fait que le ciboire y est remplacé par la croupe, le ventre et les organes génitaux d’une femme nue, et que l’on arrose de sang cet autel d’un genre particulier.

Un auteur nous a raconté avoir connu un prêtre qui, contre espèce sonnante et trébuchante, célébrait des messes noires.

Ce fils perdu de l’Église lui expliqua :
– Je prépare moi-même les hosties dont je me sers. Une avorteuse que je connais bien me fournit les foetus qui remplacent les enfants qu’à notre époque il m’est impossible d’égorger. De ces foetus, je fais une pâte que j’humecte de sang menstruel et de sperme. C’est avec cette mixture que je confectionne mes hosties.

Le même auteur décrit la messe noire à laquelle il eut la possibilité d’assister

« Dans la chapelle particulière de l’abbé W… se trouvait sur l’autel un matelas recouvert d’une étoffe noire frangée d’argent. »

« La jeune femme, entièrement nue, se coucha sur le matelas et le prêtre nu lui aussi, mais le dos recouvert d’une chasuble déposa sur son ventre le calice saint. »

« Il s’écria : – O Satan, tu es celui qui ne nous trompe jamais, tu tiens tes promesses, tu fais honneur à ta signature, à tes marques et à tes griffes. Tu es le vainqueur, tu triomphes, mais tu n’es point orgueilleux. Tu es plus fort que Dieu, car ton règne est arrivé depuis longtemps, et le sien n’arrivera jamais. »

« Ceci dit, l’abbé W… entama sa messe selon le formulaire catholique. »

« Arrivé à la Consécration, il s’écria :
– Jésus, fils de Joseph et de Marie, toi qu’en ma qualité de prêtre, je force à descendre dans cette hostie, je t’ordonne de nous servir, de te mettre à la disposition de notre maître Satan. Le sang menstruel contenu dans ce calice est maintenant ton sang, la cendre d’enfant dont cette hostie est faite est maintenant ton corps. »

« Tenant précieusement entre le pouce et l’index l’hostie rompue, il la porta successivement aux lèvres de la jeune femme étendue sur l’autel, à ses aisselles, aux pointes de ses seins, puis il la déposa avec soin sur son pubis. »

« La jeune femme tressaillit, ses bras tremblaient, son visage était d’une pâleur de cire. »

« Le mystère allait s’accomplir. »

« Le prêtre rougissait et flageotait un peu. Il saisit le calice plein de l’immonde liquide et, goutte à goutte, le laissa tomber sur l’hostie. Les gouttes rejaillissaient, maculaient la peau et ce contact piquait la femme, lui arrachant de petits cris. »

« À ce moment, l’abbé W…releva le devant de sa chasuble et accomplit sur la jeune femme, là où était l’hostie, une action qu’il m’est impossible de décrire… L’hostie fut à nouveau mouillée. »

Source : Diable, démons et Vampires. Édition : Poche Sélect. 1977