Ovni: Incident de Rendlesham

Ovni: Incident de Rendlesham

L’incident de Rendlesham se déroula dans le Suffolk, dans le sud-est de l’Angleterre, les nuits du 27 et du 28 décembre 1980. Un détachement de militaires américains prétendit avoir observé aux alentours de la base aérienne de Woodbridge différents phénomènes inexpliqués.

C’est le cas le plus célèbre d’observation d’un ovni présumé en Grande-Bretagne, comparable en importance à l’affaire de Roswell aux États-Unis (on parle parfois de « Roswell britannique »).

Selon l’enquêtrice Jenny Randles, « S’il subsiste encore quelques incertitudes, on peut raisonnablement affirmer qu’aucun aéronef non terrestre n’a été observé dans la forêt de Rendlesham. De même, on peut soutenir, avec assurance, qu’au centre des événements se trouve une série de mauvaises interprétations de choses banales rencontrées dans des circonstances peu banales ».

La forêt de Rendlesham est la propriété de la Commission des forêts du Royaume-Uni. Elle s’étend sur environ 15 km2 et comprend des plantations de conifères alternant avec des feuillus, des landes et des marais.

Les événements se déroulèrent au voisinage de deux anciennes bases aériennes, la base de Bentwaters, au nord de la forêt, et la base de Woodbridge à l’ouest de celle-ci, base dont la piste s’enfonce dans la forêt dans la direction de l’est. À l’époque, les deux bases étaient occupées par l’armée de l’air des États-Unis et hébergeaient les bombardiers et les chasseurs qui patrouillaient au-dessus de la mer du Nord à l’époque de la guerre froide. Elles se trouvaient sous le commandement du colonel Gordon E. Williams. Le commandant de la base était le colonel Ted Conrad, son adjoint étant le lieutenant-colonel Charles I. Halt.

Les principaux événements, notamment l’atterrissage supposé, eurent lieu dans la forêt près de la base de Woodbridge, à 500 m à l’est de l’entrée Est. La forêt s’étend sur environ 1,6 km au-delà de l’entrée Est, jusqu’à un champ où se déroulèrent d’autres événements.

Le phare de la péninsule d’Orford Ness, que les sceptiques identifient comme étant la source de la lumière clignotante aperçue au large de la côte par des aviateurs, se trouve dans la même ligne de visée à environ 8 km plus à l’Est de l’orée de la forêt.

Observation et témoignages

Ébruitement de l’affaire
Ce n’est qu’en octobre 1983, trois ans après les faits, que l’affaire est portée à l’attention du grand public, faisant la « une » du journal populaire britannique News of the World sous le titre « UFO Lands in Suffolk – and That’s Official » (« Officiel ! Un ovni a atterri dans le Suffolk »). L’informateur du journal est un ancien aviateur américain, Larry Warren, qui cache son identité réelle sous le pseudonyme d’Art Wallace. L’article fut suivi, en 1984, par un livre intitulé Sky Crash: A Cosmic Conspiracy et ayant pour auteurs Brenda Butler, Jenny Randles et Dot Street. Il reposait en partie sur les séances d’hypnose conduites sur la personne de Larry Warren, dont le colonel Halt lui-même devait, en 2011, mettre en doute le fait qu’il ait été témoin de quoi que ce soit.

Rapport du colonel Halt

Un exemplaire du rapport du colonel Halt (the Halt memo), intitulé Unexplained Lights (« lumières inexpliquées ») et daté du 13 janvier 1981 (soit 15 jours après les événements) et remis au ministère de la Défense, est déconfidentalisé en juin 1983 en vertu de la loi sur la liberté d’information (Freedom Of Information Act ou FOIA) qui permet aux citoyens de demander à consulter, au bout d’une période donnée, des documents confidentialisés (le rapport est consultable sur le site ianridpath.com)7. Le délai de deux semaines explique peut-être les erreurs de dates et d’heures qu’il contient.

27 décembre 1980
Tôt dans la matinée du 27 décembre 1980 (en fait le 26), des patrouilleurs du service de sécurité voient des lumières inhabituelles à l’extérieur de l’entrée arrière de la base aérienne de Woodbridge. Pensant à un avion qui s’est écrasé ou qui a fait un atterrissage forcé, ils contactent la tour de contrôle de la base qui leur répond qu’aucun vol n’est en cours. D’après le rapport, les deux gardes s’approchant de la source lumineuse, aperçoivent un objet d’apparence métallique et de forme triangulaire qui illumine la forêt d’une lumière blanche. Large de deux à trois mètres à la base et haut d’environ deux mètres, l’objet possède une lumière rouge pulsante sur le dessus et une rangée de lumières bleues en dessous et stationne au-dessus du sol ou repose sur des béquilles. À approche des gardes, il se dérobe et disparaît dans la forêt. C’est alors que les animaux d’une ferme voisine sont pris d’une agitation folle.

28 décembre 1980
Le lendemain, le colonel Halt (qui n’a pas assisté au premier incident) rassemble une équipe de militaires pour aller enquêter sur les lieux. Un soldat équipé d’un compteur Geiger relève, le lendemain, là où se trouvait l’objet, une radioactivité de 0,1 milliroentgen, notamment dans trois creux disposés en triangle et au centre. Des marques de brûlures sont repérées sur des arbres et donnent lieu à des relevés. Dans la soirée, on aperçoit à travers les arbres comme un soleil rouge qui se déplace en pulsant. Halt rapporte que l’objet donne l’impression de projeter des particules lumineuses puis se sépare en cinq objets avant de disparaître. Tout de suite après, on aperçoit comme trois étoiles dans le ciel, deux au nord et un au sud. Les objets au nord restent dans le ciel pendant un peu plus d’une heure, celui au sud reste visible deux ou trois heures durant, émettant de temps à autre un rayon lumineux vers le sol.

Lettre de la police du Suffolk
À la suite d’une demande d’informations que lui avait envoyée Ian Ridpath le 3 novembre 1983, le chef de la police du Suffolk à Ipswich lui indiqua que ses services avaient été contactés à 4 h 11 du matin le 26 décembre 1980 par la base aérienne de Bentwaters (le lieu de l’atterrissage présumé se trouvant hors de la juridiction de la base). Leur message disait : « Nous observons des lumières insolites dans le ciel, nous avons envoyé des soldats non armés pour enquêter, nous pensons qu’il s’agit d’un ovni ». Dépêchés immédiatement sur place, des agents de police déclarèrent n’avoir trouvé aucun ovni et que la seule lumière visible était celle du phare11. Puis, à 10 h 30 du matin, avertie par Bentwaters que le site de l’atterrisage avait été trouvé, la police y envoya un de ses agents, lequel déclara que les indentations trouvées sur place pouvaient avoir été laissées par des animaux.

Déclarations des gardes de Woodbridge
Cinq des gardes américains concernés par les événements du 26 décembre 1980, remirent une déclaration écrite à l’issue de la première nuit. Il s’agit d’une part de John Burroughs, Jim Penniston et Edward N. Cabansag, qui s’enfoncèrent dans la forêt, et d’autre part de J. D. Chandler et Fred A. Buran, qui, depuis l’orée de la forêt, restèrent en communication avec leurs collègues partis en exploration. Selon ces documents, les gardes suivirent une lumière inconnue qui s’avéra plus lointaine qu’ils ne le pensaient et qu’ils finirent par identifier comme étant la lumière du phare d’Orfordness. Il n’est question ni de rencontre avec un engin ayant atterri, ni de coupure dans les communications avec la base, ni de plage de temps manquante (missing time), autant d’éléments qui devaient venir embellir l’affaire par la suite. Ces témoignages servirent de base au rapport remis par le lieutenant-colonel Halt à ses supérieurs le 13 janvier 1981. Plusieurs points se dégagent de ces déclarations :
– la date du premier incident est le 26 (Halt s’est trompé) ;
– le seul témoin prétendant avoir vu un engin est Penniston (les autres font état d’une lumière uniquement), lequel Penniston déclara que chaque fois qu’il cherchait à s’approcher de l’objet, celui-ci s’éloignait d’autant (il n’est pas question de rencontre, épisode qu’il rajouta plus tard à son récit).

Plus récemment, Penniston montra à la télévision un petit carnet dont il se serait servi pour consigner par écrit ses observations mais la chose est démentie par Burroughs. Lors d’apparitions ultérieures à la télé, Burroughs et Penniston déclarèrent que l’engin avait décollé et s’était élevé au-dessus des arbres, alors que dans leurs déclarations de l’époque il n’est question que d’une lumière évoluant parmi les arbres puis disparaissant sans autre forme de procès.

Un sixième témoin des événements de la première nuit est Chris Arnold, l’officier américain qui alerta la police britannique. Interrogé en 1997 par James Eaton, il déclara qu’avec Burroughs il s’était avancé dans la forêt depuis la porte Est de la base de Woodbridge et qu’il n’y avait rien en dehors d’un faisceau de lumière balayant (ils ignoraient qu’il s’agissait d’un phare) et de lumières colorées indéterminées.

Enregistrement de Halt
En 1984, une copie de ce qu’on devait appeler par la suite l’enregistrement de Halt, fut mise à la disposition des ovnilogues par le colonel Sam Morgan, qui avait succédé à Ted Conrad, le supérieur de Halt. Sur cette bande sont enregistrées par le menu les investigations conduites par Halt dans la forêt le 28 décembre 1980, dont les relevés de radioactivité, l’observation d’une lumière intermittente entre les arbres et d’objets en forme d’étoiles qui évoluaient et scintillaient. Transcrite par le chercheur Ian Ridpath, la bande a été mise en ligne pour écoute, accompagnée d’une analyse méthodique de son contenu. Pour Ian Ridpath, elle ne contient rien qui ne puisse être expliqué et rien qui contredise ses déductions propres. Si certains ovnilogues, comme Georgina Bruni, ont prétendu que la bande était un faux ou qu’elle avait été trafiquée par Halt, celui-ci, pour sa part, a toujours démenti la chose. Cependant, depuis l’ébruitement de l’affaire, Halt n’a fait que l’embellir sous les encouragements de médias qui gobent tout.

Déclaration sous serment de Halt
En juin 2010, Halt signe une déclaration sous serment (affidavit) dans laquelle il consigne ce qu’il se rappelle des événements survenus trente ans plus tôt dans la nuit du 28 décembre 1980. Cependant, ce nouveau récit diffère de ses déclaration antérieures et comporte des incohérences flagrantes.

Halt dit avoir vu trois objets dans le ciel au nord, alors que dans son rapport et son enregistrement il déclarait en avoir vu deux seulement dans cette direction. Il affirme qu’un des objets en forme d’étoile avait projeté à leurs pieds un rayon laser alors que le rapport et l’enregistrement sont muets sur ce point. L’objet au sud, se dirigeant vers Bentwaters, aurait envoyé un rayon lumineux dans l’entrepôt d’armes alors que dans le rapport et l’enregistrement l’objet n’avait pas bougé du sud. Halt omet de signaler qu’un des aviateurs présents, Tim Egervic, a démenti cette histoire de rayon lumineux éclairant l’entrepôt d’armes.

Cette déclaration décrédibilise le récit fait des événements par Halt et montre qu’on ne peut prendre ce dernier au sérieux.

Réactions officielles
La réaction des autorités britanniques nous est connue à travers les propos du colonel Conrad (le supérieur de Halt), du commandant britannique de la base Donald Moreland, et de Simon Needem, lequel reçut le rapport au service ovni du ministère de la Défense. Le ministère n’effectua qu’une enquête de pure forme, sans interroger les témoins, manifestant par là le peu d’importance qu’il accordait à l’incident. Le rapport resta sans suite, aussi bien chez les Britanniques que chez les Américains.

Le ministère de la défense britannique avait dans un premier temps mis les documents concernant « Rendlesham » en ligne avant de les archiver.

L’armée américaine n’engagea aucune enquête sur cette affaire et répondit aux différents interlocuteurs qu’elle avait cessé d’enquêter sur le phénomène ovni depuis la clôture du projet Blue Book en 1969.

Pour en savoir plus

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Depuis août 2012, je fouille sur le web à la recherche des cas paranormaux les plus étranges pour le site www.paranormalqc.com dont je suis le Rédacteur en chef. Handicapé de naissance, j'ai aussi été secrétaire-trésorier du musée de mon village pendant 6 ans et demi.

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